Les 5 premières choses àapprendre en japonais avant d’aller au Japon

Les 5 premières choses àapprendre en japonais avant d’aller au Japon

9 juin 2026 0 Par Émilie

Un voyage au Japon sans aucun bagage linguistique, ça se fait. Mais ça se passe beaucoup mieux avec quelques bases solides. Le pays est accueillant, les habitants sont d’une patience remarquable avec les touristes étrangers, et la signalétique dans les grandes villes intègre souvent de l’anglais, du moins dans les zones fréquentées. Pourtant, dès qu’on s’éloigne des circuits touristiques classiques, la donne change radicalement. Un izakaya de quartier, une gare de taille moyenne, un konbini en pleine nuit : l’anglais disparaît, et quelques mots japonais font toute la différence.

La bonne nouvelle, c’est que l’objectif n’est pas la fluidité. Il ne s’agit pas d’apprendre à tenir une conversation philosophique ou à déchiffrer un roman. Il s’agit de couvrir les situations du quotidien : se déplacer, commander, demander de l’aide, remercier correctement. Cinq domaines prioritaires suffisent pour cela, et ils sont accessibles à n’importe qui en quatre à six semaines de pratique régulière. Une alternative pratique est de suivre un cours de japonais en ligne dès le départ.

1. Les hiragana : le premier système d’écriture à maîtriser

Le japonais repose sur trois systèmes d’écriture distincts : les hiragana, les katakana et les kanji. Cette combinaison peut sembler intimidante au premier abord, mais pour un premier voyage, un seul de ces systèmes est vraiment prioritaire : les hiragana.

Les hiragana forment un syllabaire de 46 caractères de base qui couvre l’intégralité des sons utilisés en japonais. Contrairement aux kanji, ces idéogrammes d’origine chinoise dont la maîtrise complète demande des années, les hiragana sont phonétiques et réguliers. Chaque caractère correspond à un son unique, toujours le même. Pas d’exceptions, pas de règles complexes.

Ces caractères apparaissent absolument partout sur place : sur les menus de restaurant, les panneaux dans les gares, les formulaires d’enregistrement à l’hôtel, les affichages de prix. Savoir les lire, même lentement, même en épelant syllabe par syllabe, transforme radicalement l’expérience de voyage. On passe de l’opacité totale à une compréhension partielle mais réelle de l’environnement écrit.

Le temps d’apprentissage est bien plus court que ce que la plupart des gens imaginent. Une semaine de révision quotidienne, à raison de quinze à vingt minutes par jour, suffit pour mémoriser les 46 caractères. Des applications comme Anki ou des méthodes mnémotechniques visuelles accélèrent encore le processus. Une fois les hiragana acquis, les katakana viennent naturellement en parallèle, puisqu’ils partagent exactement la même logique phonétique, seule la forme des caractères change.

Hiragana

Romaji

Son approximatif

a

comme dans « patte »

i

comme dans « vie »

u

entre « ou » et « u »

e

comme dans « été »

o

comme dans « or »

ka

comme dans « café »

sa

comme dans « sac »

na

comme dans « nappe »

ha

comme dans « haricot »

ma

comme dans « mare »

2. Une vingtaine de phrases de survie à apprendre par cœur

Inutile d’apprendre des listes de vocabulaire interminables avant de partir. Une sélection de phrases courtes, bien choisies et mémorisées dans le bon ordre, couvre près de 80 % des interactions quotidiennes d’un voyageur. Le secret est de les intérioriser au point de les sortir sans réfléchir, même après une longue journée ou une nuit de décalage horaire.

Un seul mot mérite d’être placé en tête de liste : sumimasen (すみません). Ce terme polyvalent joue un rôle considérable dans la communication quotidienne au Japon. Il s’utilise pour attirer l’attention d’un serveur, pour s’excuser poliment quand on bouscule quelqu’un dans le métro, pour introduire une question à un inconnu, ou simplement pour signifier qu’on essaie de communiquer avec bonne volonté. C’est probablement le mot le plus rentable du séjour, et il fonctionne dans des dizaines de situations différentes.

Japonais

Romaji

Traduction

すみません

Sumimasen

Excusez-moi / Pardon

ありがとうございます

Arigatou gozaimasu

Merci beaucoup

〜はどこですか?

~ wa doko desu ka?

Où se trouve ~ ?

いくらですか?

Ikura desu ka?

C’est combien ?

これをください

Kore wo kudasai

Je voudrais celui-ci

わかりません

Wakarimasen

Je ne comprends pas

トイレはどこですか?

Toire wa doko desu ka?

Où sont les toilettes ?

〜駅はどこですか?

~ eki wa doko desu ka?

Où est la gare de ~ ?

えいごはなせますか?

Eigo hanasemasu ka?

Parlez-vous anglais ?

ゆっくりはなしてください

Yukkuri hanashite kudasai

Parlez plus lentement, s’il vous plaît

これはなんですか?

Kore wa nan desu ka?

Qu’est-ce que c’est ?

もうすこし

Mou sukoshi

Un peu plus

だいじょうぶです

Daijoubu desu

Ça va / Pas de problème

Une astuce pratique : écrire ces phrases sur de petites fiches cartonnées et les réviser pendant les trajets, dans les files d’attente, le matin au réveil. L’objectif n’est pas de les comprendre en profondeur grammaticalement, simplement de les avoir à portée de main mentale dans les moments de stress.

3. Les chiffres et les nombres, dans les deux sens

Au Japon, les chiffres sont omniprésents : prix dans les magasins et les restaurants, numéros de quai dans les gares, étages d’immeubles, horaires affichés sur les tableaux, numéros de ligne de bus. Les apprendre avant le départ évite d’innombrables petites confusions et accélère considérablement les interactions du quotidien.

Pour préparer vos trajets, un guide sur la manière de se déplacer au Japon peut aussi vous faire gagner un temps précieux une fois sur place.

La logique numérale japonaise est remarquablement régulière. Une fois les chiffres de 1 à 10 mémorisés, les dizaines se forment de façon mécanique : 20 est littéralement « deux-dix » (ni-juu), 30 est « trois-dix » (san-juu), et ainsi de suite. Les centaines et les milliers suivent la même logique. Il n’y a pas d’irrégularités comparables au français avec « quatre-vingts » ou « soixante-dix ».

Japonais

Romaji

Valeur

ichi

1

ni

2

san

3

shi / yon

4

go

5

roku

6

shichi / nana

7

hachi

8

ku / kyuu

9

juu

10

二十

nijuu

20

hyaku

100

sen

1 000

man

10 000

Le chiffre 4 (shi) mérite une mention particulière : il partage sa prononciation avec le mot « mort » en japonais, ce qui lui confère une connotation négative dans certains contextes. Dans la pratique courante, la variante yon est souvent préférée. De même, 7 se dit plus souvent nana que shichi dans les situations du quotidien.

Dans les magasins, il est courant que le vendeur affiche le prix sur une calculatrice ou un écran pour contourner la barrière linguistique. Connaître les nombres permet de confirmer visuellement et oralement ce qui est demandé, et d’éviter de repartir avec la mauvaise quantité ou de tendre un billet sans savoir si le montant est suffisant.

4. Les bases de la politesse japonaise : les gestes comptent autant que les mots

La société japonaise accorde une importance considérable aux codes de politesse et au respect des conventions sociales. Cette dimension est souvent la plus sous-estimée par les voyageurs qui préparent un premier séjour. Pourtant, quelques gestes et formules simples créent immédiatement une impression positive et montrent une considération réelle pour la culture locale, ce qui ouvre beaucoup de portes.

Il n’est absolument pas nécessaire de maîtriser le keigo, ce registre de langue ultra-formel utilisé dans les contextes professionnels ou institutionnels japonais. Quelques automatismes suffisent largement.

À table : Dire itadakimasu (いただきます) avant de commencer à manger est un réflexe fondamental. Ce terme exprime une gratitude envers la nourriture, les personnes qui l’ont préparée, et plus largement envers le vivant qui a été sacrifié pour le repas, une notion ancrée dans la culture bouddhiste et shinto japonaise. En sortant du restaurant, gochisousama deshita (ごちそうさまでした) remercie le personnel pour le repas. Ces deux formules, prononcées même approximativement, sont systématiquement appréciées.

Les noms et les titres : En japonais, on ajoute le suffixe -san après le nom d’une personne lorsqu’on s’adresse à elle, équivalent approximatif de « Monsieur » ou « Madame » en français, mais utilisé bien plus systématiquement. Un employé d’hôtel qui vous accueille s’appellera Tanaka-san, pas simplement Tanaka.

À la caisse : Remettre la monnaie et les billets dans le petit plateau posé sur le comptoir, jamais directement dans la main du caissier. Cette convention, respectée dans l’immense majorité des commerces japonais, est une marque de respect que les voyageurs ignorent souvent.

Dans les transports : Les conversations à voix haute dans les trains et les métros sont mal vues. Les appels téléphoniques y sont pratiquement tabous. Mettre son téléphone en mode silencieux et observer le calme ambiant n’est pas une exigence formelle, mais un code social fortement intégré que tout le monde respecte.

Les poubelles : Le Japon est l’un des pays les plus propres au monde, avec paradoxalement très peu de poubelles publiques dans les rues. La règle implicite est simple : on garde ses déchets avec soi jusqu’à trouver un point de collecte approprié, généralement dans les konbini ou les gares.

5. Les katakana pour déchiffrer les mots d’origine étrangère

Le troisième système d’écriture accessible avant un premier voyage, après les hiragana, est le katakana. Ce syllabaire de 46 caractères (les mêmes sons que les hiragana, mais avec des formes différentes) est utilisé principalement pour transcrire les mots d’origine étrangère. Au Japon, cette catégorie représente une part très significative du vocabulaire courant, en particulier dans les contextes liés à la nourriture, au tourisme, à la technologie et aux loisirs.

L’avantage considérable des katakana pour un voyageur francophone ou anglophone, c’est que les mots transcrits sont souvent déjà connus. Il suffit de les lire à voix haute pour les reconnaître.

Katakana

Romaji

Mot d’origine

コーヒー

koohii

café (coffee)

ビール

biiru

bière (beer)

レストラン

resutoran

restaurant

ホテル

hoteru

hôtel

タクシー

takushii

taxi

アイスクリーム

aisukuriimu

glace (ice cream)

パスポート

pasupooto

passeport

チケット

chiketto

billet (ticket)

インターネット

intaanetto

internet

スーパー

suupaa

supermarché (supermarket)

Apprendre les katakana juste après les hiragana, ou en parallèle selon le rythme de chacun, multiplie la capacité de lecture sans effort linguistique supplémentaire. Les menus, les enseignes de magasins, les emballages alimentaires deviennent partiellement lisibles, ce qui change radicalement le quotidien du voyage.

Une précision utile : la transcription phonétique en katakana suit les sons du japonais, pas la prononciation d’origine. Koohii ne sonne pas tout à fait comme « coffee » en anglais, les voyelles sont allongées et les consonnes adaptées au système phonologique japonais. Cette légère distorsion demande un peu d’habitude, mais elle s’acquiert rapidement avec la pratique.

Comment organiser cet apprentissage avant le départ

Quatre à six semaines suffisent pour couvrir ces cinq domaines à un niveau fonctionnel, en consacrant vingt à trente minutes par jour. Une progression logique pourrait ressembler à ceci.

Les deux premières semaines sont idéalement consacrées aux hiragana, en commençant par les cinq voyelles de base (a, i, u, e, o) et en ajoutant une rangée de cinq caractères par jour. Des applications comme Duolingo, Anki ou Human Japanese permettent de structurer cet apprentissage avec des révisions espacées. En parallèle, les phrases de survie les plus urgentes, sumimasen, arigatou, doko desu ka, peuvent être mémorisées dès la première semaine.

Les semaines trois et quatre sont le bon moment pour aborder les katakana, dont l’apprentissage est accéléré par la connaissance des hiragana, et pour consolider les chiffres jusqu’à 10 000. C’est aussi le moment d’intégrer les formules de politesse à table et en société, en les associant à des situations concrètes.

Les dernières semaines avant le départ servent à consolider, à pratiquer à voix haute, et à se familiariser avec des enregistrements audio pour calibrer l’oreille sur la prononciation réelle. Le japonais parlé n’est pas difficile phonétiquement pour un locuteur français : l’accent tonique est discret, les sons sont proches de ceux du français dans l’ensemble, et les voyelles ne varient pas selon leur position dans le mot. L’essentiel reste de commencer tôt, de pratiquer régulièrement, et de se rappeler que l’objectif n’est pas la perfection. Être capable de faire le premier pas dans la langue suffit généralement à provoquer un élan de bienveillance de la part des Japonais rencontrés sur place. Pour aller plus loin, Breakintolingo propose des ressources structurées pour apprendre à son rythme avant le départ.

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